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La salade ou plutôt les maraîchers de Chailly

Après la confiture à la rhubarbe, chère à Mr Labille, j’ai décidé de vous faire mieux connaître « la salade » ou plutôt les Maraîchers de Chailly-en-Bière.

Il convenait, en effet de vous parler de l’activité principale de Chailly, puisque l’ensemble des 10 maraîchers, auxquels il convient d’ajouter deux horticulteurs, représente environ 200 à 250 personnes en pleine saison, et que Chailly-en-Bière est la principale commune de l’Ile de France pour la culture de la salade.

Si aujourd’hui le peintre Jean-François Millet se proposait de peindre les activités agricoles dans la Plaine de Chailly, nul doute qu’il représentait des maraîchers.

Il convient d’ailleurs de souligner, au regard du tableau « les Glaneuses » que depuis la mécanisation de l’agriculture, seul le maraîchage pourrait permettre de trouver les attitudes se rapprochant de ces femmes courbées vers le sol.

Le maraîchage est une activité rude, qui remonte à la nuit des temps, et qui s’est toujours concentrée autour des grandes métropoles urbaines afin d’assurer un bon acheminement des produits frais.

Ainsi, rue des Maraîchers à Paris, on trouvait déjà certainement les ancêtres des familles Durchon, Garreau, Josse, Mursic et des autres maraîchers de Chailly et Faÿ.

Avant la guerre de 14/18, les activités maraîchères étaient concentrées dans la petite couronne de Paris. Puis, au fur et à mesure de l’urbanisation de la banlieue, les maraîchers on été contraints de s’expatrier et de s’implanter de plus en plus loin du centre de Paris, où se trouvaient encore récemment les halles pour exercer leur activité.

C’est ainsi, par exemple, que la famille Durchon, tout d’abord implantée dans la petite couronne à Montreuil, puis dans la grande couronne à Bobigny, est venue en 1972 à Chailly-en-Bière.

A cette époque, bon nombre d’agriculteurs cultivaient encore les 900 hectares environ de terres cultivables de la commune, alors qu’ aujourd’hui seuls trois agriculteurs (Messieurs Declerck, Germain et Thierry) subsistent, pour 2 horticulteurs et 10 maraîchers, lesquels cultivent une surface de l’ordre de 700 hectares de terres, 400 environ de cultures maraîchères.

Chailly-en-Bière, jadis commune exclusivement agricole, est devenue, depuis une vingtaine d’années, l’une des premières communes maraîchères de France, à tel point que ces jours derniers, dans une publicité pour les magasins Intermarché, à la radio, les maraîchers de Chailly ont été cités en exemple, par Gérard Klein, l’animateur et le comédien bien connu.

Les salades et les herbes produites à Chailly, sont exportées pour une partie vers l’Union Européenne et pour une autre partie vers le Moyen-Orient (Koweït et Arabie Saoudite) et également en Afrique. C’est ainsi que notre collègue Désiré Durchon, lors d’un voyage, a retrouvé les salades qu’il produit, sur un marché de Libreville au Gabon où le prix de vente était alors de 30 francs ; il faut dire que le coût du transport est important.

Culture de salades

Culture de salades

Les maraîchers de Chailly-en-Bière, après les peintres du 19e siècle, contribuent donc, pour une part, à la renommée de notre village.

Certes, des esprits chagrins trouveront à redire sur la nature de cette nouvelle renommée, mais il en est ainsi et il n’y a pas lieu de s’en étonner même si de temps à autre l’attitude de certains de certains qui par des arrosages intempestifs et un encrassement immodéré de certaines routes et chemins communaux, nuisent à cette communauté de chaillotins tout à fait honorable.

De plus, il convient de rappeler ici que les maraîchers contribuent chaque année à l’entretien des chemins ruraux (35 000 F en 1994), ce qui n’est pas négligeable.

En conclusion, je vous indiquerai que pour « prolonger au maximum leur longévité », certains des anciens maraîchers ont institué le rite sacro-saint de la sieste journalière, en précisant que cette dernière est naturellement proscrite aux jeunes qui doivent, eux, continuer à faire fonctionner les exploitations.

Souhaitons leur bonne sieste ! et pour ma part, je vous dis à bientôt avec d’autres chaillotins.

B.M. n° 37 – Novembre 1994