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Les sapeurs pompiers

Les pompiers de Chailly

Les pompiers de Chailly

Un corps de sapeurs pompiers fut créé à Chailly le 9 mars 1848. Le 16 mars de la même année un conseil de recensement présidé par Monsieur Caille – Maire – assisté de Messieurs Leroy et Deshayes, rassembla 33 hommes forts, choisis parmi les gardes nationaux chaillotins, dont le service fut dissous en 1852. Le même jour eut lieu l’élection des officiers par le conseil municipal.

– M. Dupont, lieutenant

– M. Valette Auguste, sous-lieutenant

– M. Valette Joseph, sergent

Quatre caporaux : MM. Roumy Alphonse, Caron Pierre Antoine, Fouché Antoine,  Guillemain Joseph

– M. Poulain, tambour

– M. Branchet Pierre, Clairon

L’engagement était pris pour 5 ans, l’uniforme et l’armement fourni par la commune : 79 F par homme au prix de 1848.

En 1861, le conseil municipal, autour de Monsieur BELLON, Maire, réorganise le service des pompiers ; le groupe ne devra pas dépasser 30 hommes, il recevra une subvention de 700 F par an et une somme de 20 F par prestation de service à chaque homme en cas de sortie.

Le nombre des sapeurs à travers les années sera toujours en régression. Après la guerre 1914/1918 – par décision préfectorale – le nombre ne dépassera pas 16.

A la suite de la 2e guerre, il n’en restera que 9 en 1955.

Parlons du matériel : en 1848, les pompiers disposaient pour l’époque d’un équipement moderne. Une pompe à bras actionnée par quatre hommes, 16 mètres de boyaux cloués (tuyaux), une lance, une bâche d’incendie, 50 seaux de 12 litres, un cordage, deux tamis, deux leviers. Le total pour la somme de 1449,50 F payée à la Société Flaud et Bonnefin – 11 avenue Matignon à Paris.

En 1913, une dérouleuse avec 50 mètres de tuyaux est achetée pour 800 F de l’époque.

En 1934, la commune fait construire sur la place de la Mairie une charpente de manœuvre au prix de 2 800 F, elle servait à l’entraînement des pompiers ainsi qu’au séchage des tuyaux. Elle subsistera jusqu’en 1975.

Le groupe se dote en 1939 d’une motopompe Guinard d’un débit de 45 m3 sous 10 kilos de pression, complétée de plusieurs centaines de mètres de tuyaux pour la somme de 22 000 F dont 7 000 F subventionnés par le Ministère de l’Intérieur.

Tout ce matériel était entreposé dans un local situé route de Paris à côté de l’école aujourd’hui transformé en garage.

A la dissolution du corps des sapeurs-pompiers, l’équipement fut ventilé dans plusieurs casernes du canton. J’ai retrouvé au Musée des pompiers de Fontainebleau… la pompe à bras de 1847… ainsi que la dérouleuse de 1913. Elles y sont bien conservées.

J.P. LEFLOCH

B.M. n° 40 – décembre 1995

Au feu les pompiers ! c’est l’alerte à Chailly… le glas sonne au clocher du village. Les pompiers se précipitent vers le poste de secours à côté de l’école sur la route nationale 7 (transformé aujourd’hui en garage) à cheval, à bicyclette ou au pas de course.

Les chaillotins s’interrogent ? … où est-ce ? qu’est-ce que c’est ?… un accident… le feu… chez qui ?… Ils suivent de loin l’évolution des sapeurs en alerte. Combien y en-a-t-il de ces sorties urgentes ou moins spectaculaires ? En voici quelques-unes glanées dans les archives locales :

1848 :   incendie du château de Chailly et sa destruction (édifice donnant sur la rue des tilleuls et la route nationale 7),

août 1858 : renforts contre un incendie en forêt de Fontainebleau aux côtés du régiment des Chasseurs de la Garde : 12 hectares dévastés,

5 juin 1870 : avec les Chasseurs de la Garde, intervention contre un incendie aux Gorges d’Apremont : 13 hectares dévastés,

15 août 1905 : incendie sur le côté droit du Tacot à l’entrée du village venant de Melun (deux voitures voyageurs détruites sans victime),

28 juin 1928 : feu à la boucherie Gérard – route de Paris (la Vieille Grille),

14 juin 1931 : incendie d’une automobile rue de Melun,

10 août 1937 : sinistre chez Monsieur Beauvallet – route de Melun, la maison est détruite,

Hiver 1910 : les inondations font déborder la citerne rue de Melun, le passage du Tacot dans la traversée du village sera perturbé pendant 10 jours,

19 février 1940 : débordement de la citerne rue de la fromagerie. Les citernes causèrent beaucoup de soucis aux pompiers,

31 décembre 1955 : feu chez Monsieur Legueux dû à une bouteille de gaz, la charpente est détruite.

25 mai 1904 : un accident plein d’odeurs : un tombereau tiré par trois chevaux chargé de 700 kilos de fumier se renverse sur la voie publique entre Barbizon et Chailly (rupture de l’axe de la roue).

Le feu se déclarait également souvent dans les meules de paille ou de foin sous l’effet du soleil (selon Monsieur Henri Paillard).

Les pompiers chaillotins participaient aux revues des troupes à Melun. Ils effectuaient des manœuvres le 1er dimanche de chaque mois à Chailly. Ils organisaient le bal de Sainte Catherine, de la Sainte Barbe (leur patronne) et du 14 juillet. Ils encadraient de leur présence toutes les cérémonies tant civiles que religieuses (baptême de la cloche de l’Angélus).

Leur dévouement à la population leur valut de nombreuses distinctions : remise de la médaille d’honneur des sapeurs pompiers à bon nombre d’entre eux. La nomination au grade de Lieutenant le 29 novembre 1948 de Raymond Suir et le dévouement exemplaire durant les secours de Ferdinand Brossard, maréchal ferrant de son état, lui valut la promotion au grade de Caporal.

Les années d’après-guerre occasionnent une réduction de la disponibilité, une diminution de la solidarité, un effritement du bénévolat et de l’entraide. Le corps des sapeurs pompiers chaillotin s’étiole faute de volontaires.

Après le départ du Lieutenant Suir et du Sergent Hutteau le 1er janvier 1967, les pompiers restèrent au nombre de huit fidèles au service, il s’agissait de Louis Toïgo, Emile Péguy, Alfred Legave, Pierre Lesage, Daniel Rochet, Alexandre Bigot, Ernest Laroche.

Le Préfet leur reprocha de ne plus assister aux revues à Melun. Après la démission du Caporal Toïgo, due à ce reproche, la décision préfectorale du 1er mai 1971 dissout le corps des sapeurs-pompiers de Chailly avec transfert à Dammarie-Lès-Lys.

Les années passent, les esprits changent, la motivation s’affirme, les chaillotins se dévouent à nouveau. Les jeunes reprennent la lance abandonnée par leurs parents. Ils sont au nombre de quatre aujourd’hui, à compléter le groupe de sapeurs-pompiers de Barbizon commandé par le Sergent Francis Augier. Il manifeste à la fois des qualités de chef et de pédagogue et les formes au rôle qu’ils auront à tenir dans notre société moderne en leur qualité de pompiers. Voici nos jeunes chaillotins : Rémi Bléry, Benoît Boscariol, Stéphane Delrue, Romain Guilbert.

J.P. LEFLOCH

B.M. n° 41 – Avril 1996