Revenir à Souvenirs d’antan

Les Anciens racontent

Difficiles à comprendre pour nos petits enfants ces années 1910-1930. Elles furent pour les chaillotines et les chaillotins le virage de leur vie. A travers les témoignages des anciens, voici leurs souvenirs.

Chailly recensait en 1911 : 827 habitants et en 1931 Monsieur VALLADE Gilbert fut le 801e chaillotin.

Les jeunes de ce temps rentraient à l’école le 1er octobre jusqu’à la fin juillet, de 8 h à 11 h (réellement midi, car les cultivateurs chaillotins avaient refusé en 1916 la nouvelle heure en avance de 1 heure sur le fuseau horaire jusqu’en 1940). L’après-midi l’école reprenait de 1 h à 4 h, à l’époque on ne disait pas 13 h – 16 h.

Le matin, avant la classe, les élèves cassaient des bourrées pour allumer le feu dans le grand poêle Godin chapeauté de sa bouillotte, afin d’humidifier l’air. Une odeur tenace d’encre violette flottait, mélangée à celle de la craie tendre.

La tenue vestimentaire s’uniformisait par une blouse noire, les galoches sauf chez les enfants dont les parents plus aisés achetaient des chaussures, surtout pour les filles. Les garçons se coiffaient souvent d’une casquette ou d’un béret.

Chailly disposait de trois écoles pour 90 enfants en moyenne. La leçon de morale et la page d’écriture commençaient chaque journée scolaire.

    En 1910, Mademoiselle COLIN, institutrice à la Maternelle, accueillait les enfants de 4 ans ; ils en ressortaient entre 6 et 7 ans sachant lire et écrire. Elle instruisait dans un bâtiment contigu au presbytère (que Monsieur BELLON, aubergiste, avait construit). En 1827, Mademoiselle Mariel Catherine COSTE DE CHAMPERON, propriétaire du Château de Chailly, acquit lesdits immeubles et en fit donation à la commune contre une rente de 50 francs.

    En 1912, Mademoiselle NOSTRY, enseigne à l’école des filles dans un bâtiment construit en 1879 à l’emplacement de l’actuelle mairie.

    En 1912, Monsieur HERBELOT, enseigne à l’Ecole des garçons (actuelle salle François Desportes) construite en 1885.

Le certificat d’études, passé à Melun, était une consécration tant pour les élèves que pour les instituteurs.

Durant la scolarité, des prix venaient récompenser les meilleurs et le Maire distribuait les récompenses honorifiques (de 1910 à 1930, trois Maires se succédèrent : Monsieur MOREAU Rémy né en 1848, Monsieur DELAUNOY Louis et Monsieur FROMONT Auguste). La manifestation se déroulait au 14 juillet sous une grande tente montée place de la Mairie.

A l’occasion de la Fête Nationale, s’organisaient des jeux pour tous les enfants où ils gagnaient des billes, des sifflets et des petites poupées. La tente servait ensuite à un bal gratuit et les Chaillotins dansaient pendant deux jours d’affilée. Cette date suivait de quelques jours la Fête Patronale et un immense manège de chevaux de bois restait monté Place de la Poste (le tour coûtait 5 centimes). Les festivités terminées, les jeunes travaillaient dur dans leur famille).

Un jeudi des années 20, la commune les mobilise pour ramasser les doryphores dans les pommes de terre ou bien récompensaient par des primes pour la destruction des hannetons : un grand sac plein de hannetons 10 sous à la Mairie. Les jeunes les capturaient surtout avenue de la Gare (route de Fontainebleau) où ils envahissaient les arbres.

En ce temps-là, les jeunes marchaient beaucoup. Au moment des Rameaux, Monsieur l’Abbé THIOUX – curé de l’époque – dévoué à l’histoire de notre village, envoyait les enfants de chœur couper le buis au tombeau du Comte de CHATEAUVILLARD (tombeau des chiens).

J.P. LEFLOCH

B.M. n° 28 – Septembre 1991