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Les alliés libèrent Chailly

« Un gamin de l’époque nous l’a relaté il y a quelques années dans ces termes… ».

« Ils sont arrivés par Perthes, une colonne de chars s’écoulait par le « Carrefour de la Mort » et plus tard des pièces d’artillerie lourde remontèrent par la rue des tilleuls où elles eurent bien du mal à tourner à l’angle du Lion d’Or pour s’engager sur la nationale. Les gamins que nous étions, observaient, émerveillés, ces géants casqués, couverts de poussières, juchés sur leurs monstres d’acier frappés d’une étoile.

Surprise, chez les « tankistes », c’était surtout des hommes de couleur noire !

Tandis que la colonne de chars progressait vers Dammarie-lès-Lys, les pièces d’artillerie se mettaient en place dans la plaine du Faÿ de part et d’autre du hameau : dans les Pommeraies et entre la forêt et la rue de Brolles.

Deux petits avions « Piper Cub » dirigèrent les tirs et vinrent même se poser dans le grand friche sur la route en face du domaine des Roches.

Les canons tiraient en direction de Melun.

Petit à petit on s’est rapproché des canons, un air d’efficace décontraction régnait autour des batteries et puis, dans leurs gamelles, ils mélangeaient le sucré et le salé !

J’avais découvert mon Amérique à Moi.

C’était au mois d’août, nos potagers regorgeaient de tomates, des raids furent organisés sur les poulaillers familiaux et faute de pouvoir apporter « nos grandes sœurs » aux GI’s on troquait nos tomates et nos œufs contre leurs conserves dont ils étaient dégoûtés et ce fameux chewing gum que nous découvrions… »

B.M n° 49 Juin 1999