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Jean Baptiste Corot

Jean-Baptiste COROT

Jean-Baptiste COROT

Et si nous faisions un peu mieux connaissance avec le Peintre Jean-Baptiste Corot

Chaque ville, chaque village a son histoire et ses particularités. Dammarie et ses grandes demeures Château Gaillard, de Bellombre, de Farcy, des Vives-Eaux, La Croix Saint Jacques… Fleury et Cély leur château, Saint Germain, Saint Sauveur, leur fraîche rivière l’Ecole qui file dans les villages avoisinants tout en faisant une jolie chute d’eau dans le domaine du Petit Moulin… et Chailly ?

Chailly a ses peintres, nous en avons souvent parlé. Théodore Rousseau et surtout Jean-François Millet ont su faire connaître Chailly dans le monde entier, c’est vrai que, depuis, Barbizon a pris un peu la vedette… mais ces hommes illustres reposent à Chailly puisque ce n’est qu’au début du siècle – en 1903 – que Barbizon devint une commune à part entière, alors que ce n’était précédemment qu’un hameau.

Ces peintres ont eu des précurseurs que la forêt de Fontainebleau attiraient : parmi eux Chailly peut s’enorgueillir d’avoir hébergé Jean-Baptiste Corot (1796-1875).

C’est à partir de 1822 que Corot séjourne très régulièrement dans notre village. Il a déjà travaillé à Ville d’Avray, Chaville, Saint Cloud, ainsi que vers la Marne, dans l’Oise, mais les paysages profondément naturels et sauvages et la beauté du site le comblent, l’enchantent.

Forêt de Fontainebleau par J.B. Corot

Forêt de Fontainebleau par J.B. Corot

Corot n’est pas le seul à aimer notre forêt, nombre de peintres viennent à Chailly, Barbizon et également Marlotte, tous ces villages sont en bordure de la forêt de Fontainebleau ; les chênes et hêtres séculaires, les grès, clairières, sous-bois, plaines alentours, ainsi que les quelques rayons de soleil qui fusent entre les branches leur permettent de trouver la pointe de clair-obscur qui manque à la toile… ces paysages sont pour eux la manne qu’ils recherchent tant.

Ils se connaissent presque tous, se rendent visite, fréquentent les mêmes auberges : à Chailly, l’auberge du Cheval Blanc et l’auberge du Lion d’Or, à Barbizon, l’auberge Ganne, à Marlotte, l’auberge de la Mère Antoni, l’auberge du Sabot Rouge.

Tous se retrouvent autour de tables accueillantes, un peu rustiques, qui conviennent tout à fait aux réunions professionnelles qu’ils tiennent.

Chaque jour, Corot se rend à pied dans la forêt et cherche une nouvelle lumière, retouche les études de la veille. A cette époque, son lieu de villégiature est principalement Chailly. Il séjourne parfois à l’auberge de Cheval Blanc et aussi « chez Madame Coutelle » ou « chez la veuve Lemoine » L’histoire ne dit pas si ces deux dernières étaient des patronnes d’auberge locale ou des villageoises qui accueillaient les peintres de cette époque.

Beaucoup d’œuvres de Corot évoquent les alentours de Chailly ou des paysages de la forêt, aujourd’hui voici « le paveur de la route de Chailly », tableau peint vers 1840, exposé aux USA, à la Dixon Gallery de Memphis.

B.M. n° 51 –Mars/avril 2000