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Le Père Perrin

LE PERE PERRIN

LE PERE PERRIN

Coup de projecteur : le Père Perrin

On me demande d’apporter ma contribution à la rédaction de notre Bulletin Municipal de Chailly. En quelque sorte d’ajouter mon Curriculum Vitae à celui d’autres Chaillotins, déjà publiés. C’est ce que l’on peut appeler un exercice plutôt délicat.

A mon âge, le plus facile est encore de se contenter de suivre tout simplement l’ordre chronologique d’une vie.

Né à Paris, au tout premier jour de la Grande Guerre (celle de 14), dans le quartier du Gros-Caillou (précisément le même que celui de M. Claude Cottereau, notre ancien Maire), d’une honnête famille avec un Père et une Mère admirables. L’un de mes frères, mon aîné de quatre ans, est aussi devenu Prêtre, actuellement toujours Curé de Faremoutiers : dans le nord du diocèse. Après mes études de Théologie à Meaux, pensant me consacrer à l’éducation de la Jeunesse, dans l’Enseignement libre, je commence par être Professeur au Collège Saint Aspais de Melun.

Carrière tout de suite interrompue par la seconde guerre mondiale (celle de 40), à laquelle je participe comme simple Lieutenant dans la 5e D.L.C. (Division Légère de Cavalerie), à la bataille des Ardennes (Sedan, la Belgique) et celle de la Normandie. Après la Loire, comme tous, je pleure sur la France, au jour de l’inévitable Armistice.

Au retour, nouveau professorat, puis vicariat à Fontainebleau. Ensuite à Montereau où je retrouve, pendant les années de l’Occupation, mon camarade de Séminaire, l’Abbé Lemaire, qui devint le Curé bien connu de Ponthierry. On m’envoie ensuite comme Curé de campagne à Verneuil l’Etang. Après seulement trois ans, j’ai la chance de pouvoir partir au Maroc, comme «Fidei Donum» (chaque diocèse de France devait fournir un ou deux prêtres pour les Missions).

Et je resterai quinze années, à ce titre, à Casablanca, sans doute les meilleures de ma vie.

Ma Paroisse Saint Louis était en développement constant, divisée en deux quartiers, Beauséjour et l’Oasis, sur le modèle que j’ai retrouvé par la suite à Chailly et Barbizon.

Beaucoup d’activités pastorales avec mes deux vicaires. Entre autres, j’ai rencontré là le Père Damien Avril, dominicain connu ensuite aux émissions du Jour du Seigneur de notre télévision nationale. Nous nous occupions ensemble de Troupes Scoutes, des Scouts de France, qui étaient alors authentiquement scoutes et catholiques.

A l’arrivée d’un nouvel évêque à Meaux, je suis rappelé dans notre diocèse, qui commençait déjà manquer de prêtres. Rien à dire à cela, j’avais été prêté pour cinq ans et j’ai pu rester au Maroc pendant quinze ans. L’église que j’ai dû faire construire à Casablanca pour nos 15.000 chrétiens a été revendue, peu après mon départ, pour devenir une mosquée. Les acheteurs musulmans ont promis à l’Archevêque : «Elle était une Maison de Prière, elle le restera pour invoquer Dieu».

De retour en France, on me confie le poste de Villeparisis, 15.000 habitants, en communauté avec deux vicaires. Cinq années là-bas, plutôt «missionnaires», pas du tout désagréable.

Et, enfin, Chailly-en-Bière et Barbizon, dont j’avais jusque là très vaguement entendu parler. Voici maintenant 31 ans, succédant à l’abbé Legros, parti pour être Curé-Doyen de Nangis.

Depuis le début de ces 31 années, j’ai eu la chance de connaître huit Maires. Un seul est décédé, M. Jacquet, que j’ai pas vu longtemps et qui venait de faire agrandir la Chapelle de Barbizon. J’ai «gardé» les sept autres Maires, bien vivants et avec Eux, nous nous sommes retrouvés très récemment pour un dîner plein de souvenir et d’amitié. J’ai plaisir à les nommer : M. Bertheau et M. Cottereau (restaurateur de notre église) et M. Lebarq, notre Maire actuel, pour Chailly ; M. Leroux et Mme Avelange pour Barbizon ; M. Boileau et M. Renault, ancien et actuel Maires de Saint Martin.

Grande joie pour un Curé et ses Maires d’être restés toujours unis dans le service de leurs Concitoyens et Paroissiens.

P. Perrin, Curé de Chailly-en-Bière et Barbizon.

B.M. n° 48 – Janvier 1999