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Histoire de clocher

Eglise interieur

Eglise interieur

Entre le vendredi Saint et Pâques, les cloches de l’église sont silencieuses, on dit même qu’elles partent à Rome et que, sur le chemin du retour, elles dispensent des friandises que les enfants retrouvent dans les jardins le matin de Pâques.

C’est bien sûr une histoire pour les enfants : elles ne volent que dans leurs rêves. En fait, elles restent là, bien amarrées en haut du clocher et n’en bougent pas à moins d’une catastrophe, comme en 1763 où un incendie ravagea le clocher et une partie de la nef. Ce clocher se situait à côté de la sacristie qui était alors une chapelle. Il s’agissait d’une grosse tour ronde surplombant le village et en haut de laquelle on avait installé une cloche. Il fut reconstruit en 1765 grâce aux libéralités de Louis XV, qui fit remettre 15 000 livres à l’abbé Guignard, curé de l’époque, pour sa reconstruction car les Chaillotins ne pouvaient supporter une telle dépense. Pour remercier le roi, un jour qu’il passait pour aller à Fontainebleau, il se porta à sa rencontre suivi de ses paroissiens et, en lui présentant le plan du clocher, lui tourna ce compliment en vers :

Monarque bien aimé dont le cœur généreux
N’estime du haut rang où t’ont placé les dieux
Que le précieux avantage
De soulager les malheureux
Cet édifice est ton ouvrage
Puissent au gré de mon souhait
Tes jours prolongés d’âge en âge
Durer autant que ton bienfait

Ce poème fut transcrit sur une plaque scellée sur le fronton du clocher (on voit encore son encadré !) mais la révolution passa par là et la plaque disparut.

Cependant, grâce à une subvention des Services Départementaux du Patrimoine, elle pourra bientôt reprendre sa place.

Comme chaque année nos cloches cesseront donc de sonner en signe de deuil jusqu’au jour de la résurrection du Christ, le dimanche de Pâques où elles tinteront à nouveau.

Ces deux cloches sont récentes M. Jean Bollée (frère de Mme Debreuve, chaillotine) fondeur de cloches à Saint Jean de Braye près d’Orléans, les coula avec le bronze de la cloche de l’Angélus qui avait été baptisée le 29 mai 1823 et s’était fendue. Elle remplaçait elle-même deux cloches, qui avaient été bénites en 1785. Ce changement a été fait par les soins de l’Abbé Legros, et les deux nouvelles cloches ont été bénites par Mgr Ménager, le
4 septembre 1966, en présence de M. Bertheau, Maire de Chailly, M. Leroux, Maire de Barbizon et les curés de Perthes, Pringy et Ponthierry, trois paroisses voisines.

Quelle belle cérémonie que ce baptême ! En voici le récit relevé par un journal de l’époque : « A l’entrée du village, les sapeurs-pompiers, sous la conduite du caporal Toïgo, formaient une haie d’honneur : une foule considérable de fidèles et paroissiens de Chailly et des environs se pressait dans l’église, trop petite pour la circonstance.

Mgr Ménager rappela le rôle des cloches, appelées à sonner de leur plus juste note, les réjouissances et les peines. Ces deux nouvelles cloches remplacent celle qui sonna l’Angélus de Millet. Un vin d’honneur à « l’auberge du Cheval Blanc » termina ce beau jour, après distribution de dragées aux paroissiens et enfant de la commune. »

Les deux cloches actuelles, « Lucie-Gabrielle » (500 kg) et «Lucienne-Marcelle » (340 kg) ont pour parrains et marraines M. Gabriel Chambraud et Mme Lucie Drulle (actuelle présidente du club des Hirondelles), M. Marcel Baurain et Mme Lucienne Billard.

Une troisième cloche qui s’appellera « Solange » viendra bientôt les rejoindre. Egalement coulée à Saint Jean de Braye, elle sera baptisée le 19 septembre 1993. Cette acquisition, adoptée par le Conseil Municipal dans sa séance du 20 janvier 1993 a été rendue possible grâce à un don de l’abbé Perrin et en partie de ses paroissiens.

JP. L.
B.M. n° 22 – Septembre 1989

Petite note de l’église sur l’église de Chailly

Par les soins de Mr COTTEREAU – Maire – et de la Municipalité de Chailly, et suite à la très belle restauration de l’intérieur de l’église, la tribune vient d’être remise en place au-dessus de la porte d’entrée. D’après les savantes notes de l’Abbé Thioux, la voûte de la nef, en berceau, traversée par des poutres, soutenue par des contreforts, est du XIIIe siècle. Le chœur et les chapelles ne datent que du XVIe siècle. Toutes les voûtes sont en pierre. Aux croisées d’ogives existent des rosaces et des écussons mutilés ou replâtrés – monogramme I.H.S., couronne d’épines. La Tribune, dont on a parlé ci-dessus, est une menuiserie de l’époque de la renaissance.

Abbé Paul Perrin