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Un petit train s’en va à la campagne…

La gare de Chailly

La gare de Chailly

Quel progrès pour la région que le Tacot !…

Il rendit d’énormes services aux chaillotins en ce début du siècle, à l’heure où l’automobile n’en était qu’à ses balbutiements, tant dans le transport des personnes que des marchandises, du courrier et aussi de la presse. Un record fut battu le dimanche de Pentecôte 1899 où 2 500 personnes l’empruntèrent sur la parcours Melun-Barbizon avec 13 trains dans les deux sens.

Le courrier partait trois fois par jour. En marchandises, il acheminait en moyenne 500 wagons de betteraves par an et autant de bois, ainsi qu’en centaine provenant des carrières d’Arbonne.

Les maraîchers et les petits producteurs envoyaient par wagons entiers des légumes : carottes, asperges, cerises, etc… au marché de Melun et aux halles de Paris. Il s’expédiait également du cidre. En contrepartie, il apportait du charbon nécessaire à l’usine électrique de Chailly située à côté de la gare ainsi que les journaux tous les matins.

devant la locomotive

devant la locomotive

Voici une liste de chaillotins qui travaillèrent au fonctionnement du Tacot et dont des descendants habitent toujours le village :

– M. Rocherolles Marcel Athur, mécanicien,
– M. Suir Anatole Eugène, mécanicien,
– M. Deshayes Félix, ajusteur
– M. et Mme Boivin Alice, chef de dépôt et employée intérimaire,
– M. Button Louis auguste, chauffeur
– M. Liret Eugène Désiré, mécanicien
– Mme Noël, chef de gare

… la liste étant très longue vous excuserez les omissions.

Pendant une vingtaine d’années, jusqu’en 1920 environ, l’exploitation du Tacot fut rentable. Ensuite, avec l’évolution de l’automobile, la situation se dégrada.

En 1925, la Société du Tacot passe sous le contrôle de la Société Baert et Verney. Il fallait moderniser. Cette société construira deux automobiles avec des châssis de GMC de l’armée américaine. Cela ne suffit pas, d’autres causes contribuèrent à la mort lente du Tacot ; les incidents et accidents : déraillements dus à l’usure du matériel, incendies en forêt, à l’approche des trains peur des chevaux qui renversaient leur charrette, également les accidents des voyageurs qui descendaient en marche et passaient sous les roues.

Dans Chailly – le 7 octobre 1913 – le Tacot écrasa un consommateur de la Maison Gandin – marchand de vin situé rue de la Garenne (rue de Melun), il n’avait pas vu le convoi arriver.

Au vu de ces causes, les élus des communes concernées décident officiellement de supprimer le Tacot le 30 septembre 1938, et de les remplacer par des cars.

Au dernier voyage, la locomotive était décorée à l’avant d’une immense couronne de fleurs, comme pour un enterrement. Les années qui suivient ce fut la curée avec la vente des rails et ferrailles à la Société Vendrand.

A côté de la gare encore existante, un dépôt-atelier fut détruit dans un incendie accidentel un dimanche 22 juillet 1945.

Les locomotives, elles, furent vendues à des particuliers. La Chaillotine n° 4 roule toujours au Chemin de fer touristique en Charente Maritime.

Adieu O vieux Tacot, les Anciens chaillotins te regrettent !

J.P. Lefloch
B.M. n° 37 – Novembre 1994