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Voies postales chaillotines

Le bureau de poste

Le bureau de poste

Louis XI est considéré comme le créateur de la poste d’état c’est-à-dire la mise en place d’un système de transport à relais de 4 lieues à partir de 1464 pour le service de l’Etat. Il faudra attendre Henri III né en 1551 à Fontainebleau pour que la poste soit pour la première fois mise à la disposition des particuliers. Quinze routes postales rayonnaient autour de Paris et sillonnaient le territoire.

Chailly, situé sur la route postale n° 9 de Paris à Lyon, possédait une relais de poste aux chevaux installé dans les murs de l’Auberge du Cheval Blanc.

Le relais jouait un rôle important pour l’activité du village. Le service postal se superposait au service de la diligence et des messageries. Il fallait héberger et nourrir les voyageurs, entretenir les voitures, mais surtout fournir des chevaux frais aux convois et coursiers circulant « le cul en selle ».

De nombreux chaillotins furent liés à la vie de ce relais : palefreniers, bourreliers, maréchaux-ferrants, charrons, ainsi que tout le personnel des auberges. Le Maître de Poste coordonnait et surveillait tout ce monde. Il possédait un brevet délivré par le Surintendant des Postes et bénéficiait du privilège de ne pas payer la taille (impôt conséquent).

La poste

La poste

A la fin du 16e siècle les trois derniers titulaires de cette importante fonction furent Jacques Caillou prédécesseur de la famille Délions qui possédait la ferme de la Fromagerie et les terres du Clos Matagon. Antoine Délions, Maître de Poste aux chevaux fut désigné comme Maire en 1791 jusqu’en 1814. Monsieur Ferdinand Caillé dernier maître de Poste en 1836 assurera également la fonction de Maire de 1831 à 1852.

La poste aux lettres s’accélère : Turgot fut le créateur de la malle-poste plus légère mais plus rapide que la diligence, elle réduit de 5 jours à 34 heures le trajet Paris-Lyon. La malle-poste ne prend en charge qu’un ou deux voyageurs. Les romans de Balzac donnent de nombreux exemples de cet usage.

En 1849, le chemin de fer arrive à Melun et avec lui le courrier. Une malle-poste termine l’acheminement. La même année fut créé le timbre-poste qui étendra la taxe postale à l’ensemble du pays.

Les cartes postales apparurent par décision ministérielle du 15 janvier 1873, la même année 7 412 000 en furent vendues.

En 1899, le courrier emprunte à Melun le petit train de Barbizon en correspondance avec les wagons postaux. Malgré de nombreuses plaintes dues à son horaire, il en assurera le transport jusqu’en 1938.

Le bureau de poste que nous connaissons fut acheté à M. Duchêne par l’administration des postes et ouvert au public le 2 décembre 1865. Depuis cette date mémorable, je vous citerai quelques noms de receveurs qui ont travaillé avec dévouement au service postal :

Mme Duchêne 1865 – Mme Veuve Lefèvre 1910 – Mme Dufrêne 1920 – M. Babilasse 1930 – Mme Richard – M. Quivers – Mme Douçot (retraitée bien connue des chaillotins).

Dans la liste importante de préposés qu’on appelait « facteurs » qui se sont succédés à Chailly, tout le monde se souvient de Mme Dupuis. Elle profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée.

Notre receveur actuel Mme Dansler et son équipe de collaborateurs perpétuent avec beaucoup de gentillesse et d’amabilité ce service postal si apprécié de tous.

Comme le disait si bien Mme de Sévigné « quelle belle invention que la poste ».

J.P. LEFLOCH

B.M. n° 34 – Juin 1993